PLAIDOYER POUR UNE EDUCATION FINANCIERE AU SEIN DE NOS ETABLISSEMENTS SCOLAIRES

PLAIDOYER POUR UNE EDUCATION FINANCIERE AU SEIN DE NOS ETABLISSEMENTS SCOLAIRES

Chaque année, des milliers de jeunes participent aux examens du baccalauréat, une étape décisive du chemin classique de la réussite. Selon ce schéma, il faut étudier avec ferveur au niveau classique, obtenir de bonnes notes à l’université et décrocher un emploi rémunérateur et avantageux. Pourtant en interrogeant ceux qui ont suivi cet itinéraire, on se rend à l’évidence que la majorité de ces derniers ne sont pas satisfaits de leur niveau de vie. Certains ne sont jamais parvenus à économiser le moindre centime, d’autres n’ont pas les moyens de se procurer une maison ou même une voiture.

Toutes les catégories des salariés ont un dénominateur commun qui est l’endettement. Ils doivent les banques, les institutions de microfinance, des fournisseurs de biens et services, ou encore ils ont des « mains de sol » à payer. D’où l’insatisfaction et la crise de la quarantaine.

Malheureusement, l’école et l’université ne montrent pas le chemin qui conduit à la satisfaction que procure l’autonomie financière. Même les professionnels les mieux vus travaillent toute leur vie pour payer des taxes exorbitantes et des dettes faramineuses. L’éducation que l’on reçoit tend à pérenniser le système explicité par le fameux dicton « lajan al kay lajan ». C’est-à-dire, le mieux qu’on puisse faire est de se former convenablement pour être d’excellents agents de reproduction du système.

Le besoin d’éducation financière est une nécessité pour les jeunes haïtiens. Elle ne doit pas exclure ceux qui n’ont pas réussi dans le système conventionnel, elle se propose au contraire de rattraper ceux que nous avons tendance à considérer comme des ratés, uniquement parce que leur intelligence n’a pas été exploitée par l’école haïtienne.

Situation des jeunes après le bacc

Dans le premier cas, il y a le jeune qui ne parvient pas à accéder à un centre universitaire, faute de moyens. Il passe la première année oisive de sa vie qui risque de le conduire tout droit vers le déclin et l’échec quasi-total.

Le deuxième cas concerne celui qui décide de lancer sa propre affaire ou de retrouver ses parents dans les affaires. Il faut souligner que ce n’est pas un mauvais choix contrairement à ce que nous feraient comprendre les conseils coutumiers. Sauf qu’il est important de penser à améliorer les techniques en fonction des évolutions qui s’opèrent dans le monde des affaires. Pour celui-ci, le programme lui donnera toutes les informations de base à approfondir en vue d’une meilleure gestion de son entreprise.

Le jeune du troisième cas qui fait partie de la minorité est celui qui entame une étude universitaire et qui a bouclé le cycle. En obtenant sa licence, il peut décider ou bien de poursuivre ses études pour atteindre un niveau supérieur ou d’intégrer le marché du travail (secteur public ou privé). Dans un pays où le taux de chômage et le sous-emploi touchent les 2/3 de la population, chercher du travail en Haïti risque de vous faire croire que vous aviez perdu du temps en fréquentant l’université

Dans les trois cas de figure, l’éducation financière permettra au jeune de sculpter minutieusement son avenir avec les outils à sa disposition car quelle que soit son orientation professionnelle, on peut réussir en affaires. Il suffit d’avoir les rudiments qui permettent de monter une structure administrative et comptable de base pour une gestion efficace de son entreprise.

Profil d’un programme d’éducation financière

Tout programme d’éducation financière digne de ce nom doit être basé sur le développement de l’intelligence financière qu’on pourrait définir comme étant le processus mental au moyen duquel on résout les problèmes financiers. Comme méthodologie, ce programme peut être axé sur quatre (4) piliers qui sont considérés comme les disciplines fondamentales de la création et de la gestion d’une entreprise. Ces éléments sont : la comptabilité en particulier ou la finance en général, les stratégies d’investissement, le marketing et le droit.

Une campagne d’éducation financière ne peut être l’œuvre d’une seule entité ni une action isolée. Tous les secteurs concernés, y compris l’état, doivent se joindre en vue de mener une action conjointe et permanente. L’éducation financière doit nécessairement figurer au nombre des stratégies à appliquer pour atteindre le premier des objectifs de développement durable (ODD), l’éradication de la pauvreté.

« L’Education financière des jeunes, l’alternative pour l’épanouissement de notre économie.»

Amos BELABE

PDG SHEC Entreprises

Pdg.shec@gmail.com

1 Consortium

2 Qui nous apprend à faire de bons Curriculum Vitae et d’exécrables plans d’affaire,

3 L’argent appelle l’argent. Ce sont ceux qui investissent qui réalisent des profits.